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Peut-on écrire une grammaire énonciativiste?

Résumé : 1. Préambule La linguistique anglaise, telle qu'elle est pratiquée depuis deux ou trois décennies dans les universités françaises, doit beaucoup à un faisceau de théories, ou plutôt d'approches ou de pratiques, et c'est là une distinction importante sur laquelle il conviendra de s'attarder plus loin, à inspiration énonciativiste que l'on peut légitimement regrouper sous le vocable d'"écoles françaises" (Ballier, 1997. Voir aussi Salkie 2001). Même si ce vocable recouvre des tendances et des sensibilités différentes, qu'il ne saurait question d'ignorer, il n'est pas abusif de s'en servir pour désigner des travaux qui sont peu ou prou inspirés par des auteurs tels que Culioli, Joly, Adamczewski ou Cotte. Ce qui relie ces écoles, au risque d'un schématisme outrancier que seules des considérations d'espace peuvent rendre nécessaire, est qu'il s'agit de tentatives de décrire, voire d'expliquer (ceci est particulièrement explicite chez Adamczewski) le fonctionnement grammatical des langues, et singulièrement de l'anglais pour ce qui nous intéresse, à l'aide de la notion de l'opération, dont les traces se donnent à voir dans la forme de surface de l'énoncé, et dont le fonctionnement serait invariable 1. C'est une approche qui continue à être enseignée dans chaque université de France et de Navarre, devant des milliers d'étudiants, qui a donné lieu à d'innombrables colloques et communications, et qui continue à 1 Le concept d'opération est, chose curieuse à la lumière de sa centralité dans les théories énonciativistes, assez peu théorisé. Poser l'existence d'une "opération" est une chose, lui attribuer un statut ontologique en est une autre, et le lecteur cherchera souvent en vain pour savoir s'il faut entendre par opération un simple outil de modélisation d'une construction grammaticale (la grammaire des opérations, opération syntaxique-Adamczewski 1994, 200) ou lui attribuer une réalité cognitive (opération mentale). Parfois, le terme semble glisser plus loin. Adamczewksi (1976, 200), par exemple, dit "tous les dimanches, Arthur transforme une voiture sale en voiture propre au moyen d'une opération LAVAGE dont il est l'agent", où il est clair que l'opération n'a plus rien de linguistique. De même, Garnier et al (2002, 32) semble attribuer le caractère d'opérateur aux mots lexicaux, ce qui, pourrait-on croire, ne sert qu'à épaissir le mystère: "L'opération qu'effectue le nom épithète orange, dans cette association avec le nom support juice, est une opération de caractérisation qualificatrice". Cependant, les problèmes posés par ce concept devront servir de base pour un autre article que celui-ci!
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https://hal.univ-lyon2.fr/hal-02501853
Contributeur : Jim Walker <>
Soumis le : dimanche 8 mars 2020 - 11:33:52
Dernière modification le : mercredi 15 avril 2020 - 10:48:02
Document(s) archivé(s) le : mardi 9 juin 2020 - 12:46:26

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Peut-on écrire une grammaire ...
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  • HAL Id : hal-02501853, version 1

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Jim Walker. Peut-on écrire une grammaire énonciativiste?. Travaux de didactique du français langue étrangère, Université Paul Valéry, Montpellier III,, 2012. ⟨hal-02501853⟩

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