Enregistrer le répertoire orchestral des XVIIe et XVIIIe siècles : premiers orchestres de chambre et labels spécialisés français et italiens

Abstract : Dans son ouvrage Les Voix d’un renouveau, Harry Haskell mentionne une tribune publiée en 1940, dans laquelle « le critique David Hall observait que, tout au long des années récentes, le phonographe avait été le plus important vecteur de diffusion de la musique ancienne dans les foyers contemporains » (Haskell, 2013, p. 194). L’auteur précise toutefois que les enregistrements de musique vocale ou de clavecin de l’époque offrent globalement un choix infiniment plus large que ceux de musique instrumentale, pour des raisons tant techniques qu’esthétiques. En effet, le répertoire orchestral des XVIIe et XVIIIe siècles en particulier n’est que rarement mis à l’honneur en France avant l’apparition, à partir des années 1930, des premiers orchestres de chambres. Ces ensembles à effectifs réduits, dont le travail reste encore majoritairement dans l’ombre de l’histoire de la redécouverte des musiques anciennes, s’opposent déjà aux interprétations « romantiques » des orchestres symphoniques et constituent un intermédiaire d’importance vers les ensembles spécialisés sur instruments anciens qui se forment à partir des années 1960. Ces orchestres enregistrent pour des firmes de disques indépendantes pionnières dans le renouveau de la musique ancienne, qui construisent, à partir des années 1930 également, des catalogues spécialisés proposant de nombreuses œuvres inédites au disque, participant ainsi à la démocratisation de ce répertoire : L’oiseau-Lyre (1932), la Boîte à musique (1934), la SEMS et l’Anthologie sonore (1935), les Discophiles français (1940), ou encore Erato (1952). Ces démarches sont comparables à celles d’ensembles similaires en Italie, qui enregistrent pour ces mêmes firmes françaises ou pour leurs maisons de disques nationales, dont certaines sont également spécialisées (Arcophon, Angelicum, etc.). Plusieurs questions se posent : qu’enregistrent-ils ? Quels sont leurs choix interprétatifs ? Quels sont les échanges et interdépendances entre artistes et éditeurs français et italiens ? Comment participent-ils à la construction de styles nationaux ? Quel rôle jouent-ils dans la redécouverte des musiques orchestrales des XVIIe et XVIIIe siècles ? Après un bref panorama historique des années 1930 à 1950 – de l’Orchestre féminin de Paris de Jeanne Evrard (1930) et Ars rediviva, fondé par Claude Crussard (1935) à l’Orchestre de chambre national de Toulouse de Louis Auriacombe (1953) en France ; de l’orchestre « In cimbalis bene sonantibus » dirigé par Armando Antonelli (c. 1940), aux Musici (1952) en Italie –, nous nous intéresserons particulièrement aux relations qu’entretiennent l’Ensemble instrumental Jean-Marie Leclair fondé par Jean-François Paillard en 1953 (l’orchestre « maison », Merle, 2004 ; futur Orchestre de chambre Jean-François Paillard) et I Solisti Veneti de Claudio Scimone (1959) avec la firme Erato, qui, dix ans après sa création, possède le catalogue le plus fourni dans le domaine de la musique baroque (Sebald, 2016).
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Communication dans un congrès
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Contributeur : Claire Fonvieille <>
Soumis le : vendredi 1 février 2019 - 17:25:46
Dernière modification le : samedi 2 février 2019 - 01:25:18

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Citation

Claire Fonvieille. Enregistrer le répertoire orchestral des XVIIe et XVIIIe siècles : premiers orchestres de chambre et labels spécialisés français et italiens. Rethinking Music in France during the Baroque Era / Repenser la Musique en France à l’époque baroque, Institut de Recherche en Musicologie; Centre de Musique Baroque de Versailles; Fondation Royaumont, Jun 2018, Paris, Versailles, Asnières-sur-Oise, France. ⟨hal-02004425⟩

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