memoires - Archive ouverte en Histoire etPhilosophie des Sciences et des Techniques Access content directly

 







DUMAS & TEL
are two repositories dedicated to research papers and Ph.D Thesis, and created by the technical unit CCSD (Centre pour la Communication Scientifique Directe - UMS3668) .

 

 

 
DUMAS
Repository for students' Research Papers (Dépôt Universitaire de Mémoires Après Soutenance)
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Last Research Paper submitted

L’objet de ce travail de recherches est de s’interroger sur l’influence de la religion protestante sur le développement des idées entre le XVIe et le XVIIIe siècle en Europe du Nord en étudiant notamment les relations entre le mouvement des Lumières et le christianisme. Dans un premier temps, ce travail s’intéressera à l’histoire du protestantisme, et essayera de montrer l’existence d’un lien entre la manière de penser des protestants et le rationalisme. Le catholicisme et la position de l’Église catholique vis-à-vis de l’effervescence intellectuelle et du progrès scientifique aura également une grande place dans cette étude. Bien que le progrès scientifique et culturel devînt de plus en plus gênant pour l’Église, il sera rappelé que certains catholiques jouèrent bel et bien un rôle dans le développement des idées de l’époque. Enfin, l’objectif sera de comprendre dans quelles mesures l’héritage des conflits religieux et les théories du XVIIIe siècle sur la religion et sur la tolérance religieuse menèrent à la déchristianisation puis à la laïcisation des pays européens.

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Le mémoire considère un groupe de travail oeuvrant collectivement à la fabrication d'une pirogue : au-delà de l'activité technique et de la chaîne opératoire, il présente l'organisation du groupe (par encastrement du psychologique dans le social et le physique) ainsi qu'une vision d'ensemble des modes de production scientifiques. Le terrain a été réalisé en Guyane française, dans l'ethnie Djuka.

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Après avoir été effrayé à l’idée de voyager par plaisir en raison de la connotation guerrière de cette dernière mais également d’une peur des reliefs naturels, une nouvelle perception renverse à la fin du XVIe siècle cette pensée. La conception utilitaire du voyage prend l'ascendant au cours du siècle suivant, avec la possibilité d'apprendre et de se forger une culture personnelle jugée essentielle aux nobles de cette époque. Cette conception évolue à nouveau grâce à l'influence des Lumières et de nombreuses découvertes scientifiques ou philosophiques du XVIIIe siècle. La pratique voyageuse est maintenant comprise comme un moyen de connaître la terre, de partager les savoirs pour une plus grande égalité. Dans ce contexte, les scientifiques sont devenues des acteurs centraux, notamment en se rendant directement sur les lieux à expertiser. Ainsi, en plus d'une large publication d'imprimés de relation de voyage fait par des nobles en mission diplomatique ou dans la réalisation de leurs Grands Tours, se développent en parallèle des mémoires scientifiques tirés de leurs voyages. Dans la même période, un nouvel acteur dans le chaînon de l'imprimerie vient bouleverser l'ordre établi au siècle précédent, les périodiques. C'est avec ce nouveau support que les savants-voyageurs ont diffusé non seulement des extraits de leurs mémoires mais également des lettres, des synthèses et des questionnements portants sur les avancées scientifiques. Dans ce microcosme où vivent savants et acteurs de l'impression, de nombreux d’échanges et interactions s’étiolent, tels que des demandes d'instructions spécifiques ou d'aide particulière pour récupérer divers échantillons provenant d'une région lointaine. Cet ensemble se représente également à travers le carnet, un outil essentiel à la sauvegarde des pensées du voyageur qui le suit en toutes circonstances au cours de ses trajets. C'est avec cette source que ce mémoire se propose de retracer la méthodologie d'un savant-voyageur au tournant du XVIIIe siècle en la personne du chevalier Déodat de Dolomieu. Au travers de ses carnets se dévoile les traces de sa pensée savante et des évolutions de cette dernière au cours de ses pérégrinations, permettant la reconstruction d'une méthodologie propre à ce dernier. De même, elle permet la sauvegarde des humeurs de son propriétaire au cours de ses trajets mettant en lumière sa perception de la pratique voyageuse. Enfin, ce même objet se révèle être l'outil le plus essentiel à la propre compréhension de sa conception aux yeux de son propriétaire, ainsi que de pouvoir distinguer si cela est réellement nécessaire les propriétés entre une relation de voyages pour son plaisir et celui d'une relation savante faite pour autrui.

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Notre projet de mémoire, ci-dessous développé, est le suivant : comment étudier la notion d'émergence dans le cadre de la métaphysique anglo-saxonne contemporaine ? Pour répondre à cette question, notre réflexion partira du système ontologique particulier, à savoir le "carré ontologique", d'inspiration aristotélicienne et repris par un auteur contemporain, E.J. Lowe. Dans ce système, les catégories ontologique d'"objet", de "phénomène", de "propriété" et de "condition" sont analysées comme étant fondamentales, irréductibles et suffisantes pour décrire tout le contenu de la réalité. Nous nous sommes limités cette année à la présentation de ce système, espérant par la suite pouvoir le développer dans le sens d'un physicalisme non réductif. Notre thèse finale sera alors la suivante : il est possible que de nouvelles conditions émergent.

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Nous proposons à travers ce travail de regarder la pensée philosophique comme étant essentiellement liée au phénomène d'ἀνάμνησις, c'est-à-dire au ressouvenir ou à l'anamnèse. Nous cherchons à repenser le propre du philosopher. Dans cette optique, philosopher signifie "se ressouvenir". Pourtant, l'anamnèse n'a pas affaire à la mémoire et aux souvenirs. Elle est expérience, à travers laquelle adviennent une vérité et un savoir. Notre point de départ se trouve dans une évidence de la pensée philosophique : la pensée a une histoire et s'enracine dans une tradition. Tout ce qu'on met devant la pensée, tout ce que la pensée prend comme tâche a un lien avec ce qui a été pensé auparavant ou fait référence à ce qui a été, qu'on l'admette ou non. Nous identifions, cachée sous la forme de cette évidence, une tendance de la pensée philosophique qui n'a pas été mise en question ou explicitée. Ainsi, philosopher c'est dans un certain sens se retourner vers le passé afin de le reprendre sous un jour nouveau. Ce point de départ trouve sa confirmation philosophique à travers une analyse "historique" : l'anamnèse chez Platon et Gadamer. C'est à travers cette façon de mettre à l'œuvre ce que l'évidence nous a dévoilé qu'on découvre que l'anamnèse décrit la recherche et la découverte de type philosophique. Pour Platon, l'άνάμνησις représente moins une actualisation d'un savoir tout fait, inné et latent, qu'une manière de reprendre quelque chose de "su" sous un jour nouveau. C'est donc ce mouvement "rétrospectif" qui rend possible le savoir et la vérité pour la pensée philosophique. Selon Gadamer, l'άνάμνησις platonicienne s'apparente à une re-connaissance. Ces deux analyses dévoilent une certaine "structure" que possède l'anamnèse, un certain mode d'être : elle se définit par le "re-". Il s'agit d'un re-vivre, re-connaître, re-conquérir, re-voir "à distance" la réalité. Ceci renvoie à l'idée de "voir" les choses "dans une autre lumière", ou faire une nouvelle expérience des choses qui apporterait un surcroit de connaissance. Le "re-" de l'anamnèse désigne le fait de re-faire une "expérience". L'anamnèse représente une expérience du philosopher. Philosopher et parvenir à un savoir signifie, dans ce sens, faire l'expérience de l'expérience.

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TEL
Repository for the archiving of Ph.D theses
(Thèses En Ligne)
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Last Ph.D. submitted

Cette thèse vise à modéliser l’entrée en résilience des organisations en contexte extrême. L’accident de Fukushima Daiichi, étudié au travers du témoignage de Masao Yoshida, directeur de la centrale lors des faits, et des rapports d’enquête, soutient la recherche en tant qu’étude de cas. Ces sources d’informations croisées avec notre cadre théorique, nous permettent de répondre à la question de recherche suivante : Dans quelles mesures pouvons-nous parler de résilience lors de l’accident de Fukushima Daiichi ? Si oui, quelle forme la résilience a-t-elle prise, quels processus ont été activés et ce plus particulièrement dans lors des premiers temps du processus général de résilience ?Une méthodologie spécifique d’analyse du matériau est produite et démontre l’utilité du témoignage de Masao Yoshida pour participer au retour d’expérience. La thèse tire un ensemble de leçons de l’accident et propose une grille d’analyse originale en regard de l’équilibre précaire entre centralisation et décentralisation que le témoignage et les rapports d’enquête mettent en lumière. Le modèle produit définit en détails la logique processuelle et émergente de l’entrée en résilience.

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Lancée par une communication du célèbre professeur Brown-Séquard en 1889 sur les effets de l’auto injection d’un suc testiculaire, l’opothérapie – technique de soin par le suc de glandes – s’inscrit dans la ligne d’une longue tradition de médication animale. Les publications de médecins et de pharmaciens nous ont permis d’établir comment cette nouvelle thérapeutique s’inscrit dans le paysage d’une médecine qui se scientifise au tournant du XIXe-XXe siècles. L’opothérapie, dont le développement est tributaire de l’évolution des connaissances sur les glandes endocrines, se développera grâce aux succès thérapeutiques enregistrés dans les affections thyroïdiennes et gynécologiques et grâce à la mise à la disposition du public de spécialités issues d’une pharmacie qui s’industrialise et qui fournit une médication sous une forme qui permet de s’affranchir d’un geste médical. L’opothérapie, qui se démarque de l’hormonothérapie par l’usage d’objets thérapeutiques naturels mal identifiés qui ont suscité de nombreux débats sur leur composition et leur mode d’action, connaitra son plus grand développement aux alentours de la Première guerre mondiale et persistera, malgré le développement de l’hormonothérapie s’appuyant sur des molécules de synthèse, jusque dans les années 1990.

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Notre thèse a pour objet d’observer et d’analyser la trajectoire historique et politique d’un dispositif public, inédit jusqu’en 1949 : le journal télévisé. La fonction de ce dernier est de diffuser, quotidiennement, par images animées et sons des informations, dont certaines sont scientifiques et techniques. Dans le cas qui nous occupe ces informations sont à haute teneur stratégique, militaire et politique : les programmes spatiaux. Nous avons circonscrit notre étude à un moment bien précis et strictement borné de l’histoire du monde : la Guerre froide. Le journal télévisé est constitué de deux éléments techniques intimement liés –des machines productrices d’images en mouvement et une technique narrative- en une seule institution, la Télévision, elle-même sous contrôle de l’Etat. Des hommes, des sciences et des techniques, de l’idéologie, du politique civil et militaire : voilà le cadre dans lequel va s’élaborer le récit spécifique de l’actualité spatiale.

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Le mot psychose est le mot savant qui s’est imposé pour dire la folie. La perspective adoptée pour en cerner les enjeux est l’histoire des sociabilités savantes. Les dates (1947-1977) ont été choisies en fonction de l’activité d’un psychiatre français, Henri Ey, au centre du groupe l’Evolution Psychiatrique après-guerre. A partir du Traité de Psychiatrie de l’Encyclopédie Médico-Chirurgicale (EMC) qu’il a dirigé jusqu’à la fin de sa vie, j’étudie la permanence d’une tradition de pensée qui regroupe les maladies mentales dans les classifications psychiatriques en deux catégories, « psychoses aiguës » et « psychoses chroniques ». La thèse retrace la genèse du mot psychose et analyse la relance du groupe de l’Evolution Psychiatrique jusqu’à la publication de l’ouvrage collectif (1955). La conception « organo-dynamique » d’Henri Ey, inspirée du neurologue anglais John Hughlings Jackson, s’est imposée comme fil conducteur pour établir des liens entre les enjeux de la notion de psychose, les travaux des collaborateurs à l’EMC, et l’histoire des maladies mentales sur une plus longue durée. Ma lecture des textes s’attache à une série de quatre thèmes principaux : le délire aigu ou chronique, la psychose endogène, la conception néo-jacksonienne de l’épilepsie et la ou les conceptions psychanalytiques de la schizophrénie. Enfin, j’envisage les textes de mise à jour de l’EMC (1956-1977) sous la forme d’un épilogue, où l’on observe une tension entre la classification dont la notion de psychose est solidaire et une série d’innovations médicales, intellectuelles et culturelles, mais aussi de contestations (antipsychiatrie). Au terme de la période observée je me demande si les larges groupes de maladies mentales considérés par le passé sous le mot psychose ont toujours une place face à ces bouleversements. L’orientation de certains collaborateurs d’Henri Ey, comme Henri Ellenberger et Georges Lantéri-Laura, vers l’histoire et ses méthodes, rompt avec le projet d’une psychopathologie générale.

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Georg Forster est une des figures des Lumières allemandes tardives qui prête le plus à controverse. Il traverse au cours de sa vie différents espaces géographiques et culturels dans lesquels se déploient au XVIIIe siècle des modalités nouvelles de transmission du savoir. Le réseau traditionnel de production et de transmission du savoir, les universités, se double au siècle des Lumières de réseaux parallèles qui témoignent de l’essor de l’intérêt pour la connaissance scientifique dans des cercles plus larges de lettrés. Forster lui-même, de par sa formation d’autodidacte, se trouve à l’intersection de différentes écoles de pensées et traditions nationales, ce qui constitue la richesse de ses écrits. Lors de son voyage autour du monde, Forster est confronté à l'autre absolu, le « sauvage », mais aussi à l'autre relatif, le « civilisé » qui ne se comporte pas comme tel. Cela le conduit à une réflexion sur ce que sont les Lumières : dans quelle mesure sont-elles conformes à la réalité observée dans les sociétés européennes, et peuvent-elles être conçues au seul plan théorique. Or Forster accorde, dans cette réflexion, une place centrale à la perfectibilité. Le néologisme de Rousseau symbolise parfaitement à la fois la progression dans tous les domaines de la connaissance qui caractérise les Lumières, ainsi que leur grande ambivalence. La perfectibilité confronte les philosophes et les écrivains européens à des questions qui, si elles sont anciennes pour la plupart, sont reposées dans des conditions nouvelles, avec une acuité et une urgence jusqu’alors inconnues, en raison même du développement des sciences, des connaissances, des structures politiques et économiques ou encore des contacts avec d’autres civilisations.

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La biologie synthétique est une biotechnologie émergente qui vise à produire des organismes qui n’existent pas dans la nature pour des finalités industrielles. Bien avant que ses applications ne soient développées, ce projet attise de vifs intérêts, mais aussi de précoces critiques. Cette technoscience a attiré très précocement l’attention des pouvoirs publics en France et aux Etats-Unis, cherchant à la gouverner « en amont » de ses applications – et à répondre aux contestations précoces qui s’y opposent. Cette temporalité de gouvernement est l’objet d’étude de la thèse, enquête menée avec les outils de la sociologie des sciences et des risques. Nous suivons la construction sociale des risques et des problèmes de la biologie synthétique, les dispositifs mis en place et les nombreux.ses acteur.rice.s qu’ils mobilisent : bio-ingénieur.e.s, chercheur.se.s en sciences sociales, agents du FBI, biologistes amateurs, contestataires. En France, le premier problème de la biologie synthétique est sa capacité à être contestée, comme le furent les organismes génétiquement modifiés avant elle. Ses promoteur.rice.s politiques et scientifiques cherchent à la développer et à satisfaire la société civile par des dispositifs participatifs qui n’ont toutefois aucune prise sur ce développement. Aux Etats-Unis, les critiques sont marginalisées, et il est surtout craint que la biologie synthétique soit employée par des terroristes, ce que le pouvoir cherche à prévenir tout en préservant la technoscience et ses marchandises de toute régulation. Ainsi, par delà la variété de ces dispositifs, la thèse rend compte de deux formes de gouvernement « en amont », qui ont pour point commun de ne jamais mettre en cause la biologie synthétique, mais de gouverner les problèmes qui pourraient la freiner : un gouvernement sciences-société en France, un gouvernement sécurité-marché aux Etats-Unis.

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Au début du XXIe siècle, la notion de mobilité s’est élargie de manière multidimensionnelle pour mieux interroger la dimension du social. Cette recherche porte sur l’étude de « l’expérience de mobilité » des migrants, qui est définie comme l’ensemble de vécus éprouvés par eux lors des déplacements significatifs accomplis dans l’espace physique, social, relationnel et virtuel, ainsi que les connaissances acquises à travers ces vécus. Nous émettons l’hypothèse que la mobilité vécue par les migrants est multiple de par ses dimensions physique, sociale, relationnelle et virtuelle, de même qu'affirmée, dans le sens où elle aura un impact sur l’individu qui pratique la mobilité. Celle-ci ne peut donc pas se confondre avec un simple déplacement. Notre démarche méthodologique se fonde sur les récits de vie sous la forme de biographies de mobilité de 60 migrants chiliens arrivés en France au cours de différentes vagues migratoires. Enfin, si nous acceptons l’idée que la mobilité est un fait social total, nous pouvons considérer que la mobilité en migration devient une « mobilité totale ».

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L’écomorphisme — oikos/habitat et morphé/forme — est le résultat d’une adaptation d’une espèce vivante suivant son environnement. Appliqué à l’art, récurrence d’œuvres, scénographies et récits d’expositions, l’écomorphisme est ce processus d’adaptation qui change nos perceptions et notre conscience écologique vers une culture du vivant. Comment des artistes réussissent-ils à créer une relation singulière au vivant qui perdure dans le temps ? Par delà un panorama de formes de nature en crise, des artistes fabriquent des points de vue et des liens singuliers en symbiose avec le vivant. Vu(e) des arbres et des nuages, postes d’observation symboliques de notre environnement —plus de 90 expositions expérimentées in situ— nous avons analysé les relations complexes entre création artistique, effets esthétiques expérimentés in situ, scénographies d’installation, récits d’exposition et prise de conscience écologique. Suivons la piste de l’écomorphisme, (r)évolution silencieuse, tel un envahissement artistique de formes de la nature sauvage au musée et autant de possibilités de rencontres du vivant capables de nous trans-former. Formes contemporaines de la nature, (éco)morphogénéalogie Notre premier corpus de formes s’est révélé à 70% européen —174 artistes internationaux—d’après une classification de 800 œuvres en lien avec les principes d’écologie diffusées —et légitimées— dans les musées en France de 2012 à 2016. Un second corpus est extrait sur la symbolique des arbres, figure statistique la plus fréquente, puis des nuages, objet-symbole émergent au 21e siècle. Une esthétique de la complexité confirme la nécessité d’ordonner ses formes. Ainsi, notre création d’(éco)morphogénéalogie en cinq branches principales est liée aux mouvements dans l’histoire de l’art et de l’écologie à partir de 1916. Nous avons classé les branches —et filiations— par ordre d’importance : 1. biomorphisme écologique (sculptures intra-muros) ; 2. l’art environnemental dans l’environnement extérieur ; 3. l’art écosystème technologique en mimèsis de milieux naturels et artificiels ; 4. l’arte povera et l’art du rebut ; 5. bioart lié à la génétique et l’hybridation du vivant. Vu(e) des arbres au musée-ville, « perchoirs » symboliquesLa singularité du musée « perchoir » réside dans sa capacité à conserver la beauté manifeste de la nature dans la ville. Avatar du monde humain de la ville, le musée cultive des forêts symboliques. Les formes de la nature en crise sont un signal visible symbolique de conscience écologique et de culture du vivant au musée. A posteriori, la singularité et l’efficacité d’œuvres et expositions tient d’un processus de création-observation d’un écosystème in vivo et d’une capacité à restituer des liens avec des êtres vivants. Nous qualifions ces voies de passage fécondes d’écologie artistique (éco)poétique cultivée à la fois dans les objets et la littérature des musées. Nous suggérons que les musées et leurs expositions sont devenus des « perchoirs » contemporains. Sorte d’appel de la forêt symbolique à vivre en lien avec le vivant, le musée-perchoir est un observatoire essentiel d’évolution de nos sociétés.Au-dessus des nuages de crise, théorie de l’écorphisme et prospectiveL’ambiguïté du nuage, objet-symbole, réside autant dans l’annonce du danger qu’il prévient que dans celui qu’il occasionne. Le nuage sert d’inducteur théorique à Aristote, Descartes, Howard ou Damisch. Nos analyses démontrent un Homme en recherche d’un renouvellement de positionnement vis-à-vis de la nature. La place de l’humain n’est plus au-dessus de la nature mais au milieu du vivant via un ADN symbolique commun. Des formes à l’écopoétique singulière et sur-réaliste révèlent une autre réalité que nous ne percevons plus. In fine, l’écomorphisme agit comme la conscience d’un patrimoine génétique où se mêlent formes naturelles et artificielles. N’est-il pas temps de reconsidérer ces formes tel un enjeu culturel d’évolution du vivant ?

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Dans l’armée française de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe, un groupe d’officiers, les « ingénieurs géographes », est chargé des travaux topographiques; ces officiers s’occupent aussi des reconnaissances avant l’attaque, ainsi que des enquêtes statistiques et des peintures de bataille. Leur objet, dans toutes ces pratiques, est la bataille, la façon dont elle est préparée, et dont elle doit être reproduite dans des documents. Cette forme particulière de travail scientifique est basée sur une « logique militaire », un système de pensée que le général, qui conduit l’action, et le topographe, qui lit la réalité pour lui, doivent partager. Les pratiques et les méthodes de travail façonnent cette logique. C’est de l’analyse de la méthode utilisée pour les « reconnaissances à vue » (celles où le seul instrument scientifique est l’œil du topographe) que nous déduisons le potentiel utopique de cette activité. Les topographes traitent leur sens de la vue comme s’il n’avait pas de limites réelles, comme si l’entraînement pouvait accroître indéfiniment ses possibilités. Tout est potentiellement perceptible. L’utopie de la vision des officiers topographes est directement liée à la possibilité de la conduite de la guerre. Le général peut contrôler la bataille seulement s’il peut voir, par ses yeux ou ces de ses collaborateurs, tous les éléments qui la composent. Ce travail scientifique s’opère dans des conditions institutionnelles particulières. Le concept clé qui gouverne le système de formation des topographes militaires sous l’Ancien Régime est celui de « talent ». Un officier de talent est considéré capable d’accomplir son travail. Le « talent » signifie que les dispositions innées ont été correctement entraînées, et que l’homme dans lequel ce processus a été opéré est devenu la vraie garantie de l’accomplissement du travail. Il n’y a pas d’autre garantie possible, si elle n’est pas basée sur une personne réelle et entraînée. Ce concept de talent perdra sa validité dans les années 1820, mais il opère encore pendant le Premier Empire, quand deux différents systèmes de formations sont actifs : l’apprentissage basé sur la pratique, d’un coté, et, de l’autre, l’enseignement en classe de connaissances uniformes, égales pour tous les étudiants.

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L’apprentissage artificiel, ou machine learning, est un ensemble de méthodes permettant d’établir, à partir de données, des modèles de prise de décision, de prédiction ou de classification. L’ axiome plus général qui définirait ce champ de recherche est l’ambition de s’inspirer et d’imiter la capacité humaine et animale à apprendre de l’expérience. Les récents succès de ces méthodes - souvent relayés par des médias grand publics - sont seulement révélateurs de l’attention épisodique portée à des techniques qui remontent quant à elles à une cinquantaine d’années dans le contexte de l’Intelligence Artificielle et de l’informatique, et à plusieurs siècles de traditions scientifiques en mathématique, statistique, physique. Après avoir rendu compte de ces éléments, cette thèse s’intéresse aux différentes épistémès, “styles de pensée” qui rythment cette communauté, en étudiant les principaux algorithmes développés pour parvenir à la prise de décision, la prédiction ou la classification. Chacun des algorithmes est envisagé de manière historique mais aussi via les contraintes techniques et théoriques qu’il porte, et les compromis d’usages qu’il impose - par exemple entre interprétabilité et efficacité. Ces “tribus” de l’apprentissages apparaissent alors comme des tentatives relativement indépendantes de parvenir à un même objectif. Nous envisageons par la suite l’activité de ces sous-communautés algorithmiques dans le champ académique, par l’analyse de corpus bibliographiques extraits de Web of Science. La détection de communautés au sein des réseaux de co-citations construits à partir de ces données nous permet de mettre en lumière les structures thématiques transversales qui innervent les différents types d’algorithmes. Nous avons ainsi pu observer comment chaque discipline scientifique se place de manière spécifique dans le paysage algorithmique de l’apprentissage et entretient ou non des relations privilégiées avec les champs propres à sa recherche fondamentale. Il apparait donc, au terme de cette analyse, qu’il est plus facile pour un auteur de se mouvoir d’une thématique à une autre, que d’une méthode d’apprentissage à une autre. Enfin, nous nous intéressons à des terrains plus ingénieriques de la pratique de l’apprentissage avec une analyse de données issues des forums de questions-réponses Stackexchange et du site de compétitions en ligne Kaggle. On y retrouve plusieurs résultats proches de ceux observés dans le champ académique, comme les disciplines les plus représentées. De nettes différences émergent cependant quant à la diversité et la coprésence de ces algorithmes dans les compétitions et les usages des participants. En conclusion, nous mettons en perspective certains des éléments observés dans cette étude avec les récents débats sur la place de ces algorithmes dans les politiques publiques et discutons la question de leur nature discriminatoire.

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